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En revenant chez André Breton. Exposition.

 

Certains lieux se prêtent plus que d’autres aux belles découvertes. Saint-Cirq Lapopie, dans le Lot, est le village préféré des Français, le plus beau village de France, selon le concours imaginé par France2. Au cœur de ce perchoir habité par l’esprit, la maison mythique d’André Breton, où selon son expression le Pape des Surréalistes, avait « cessé de se désirer ailleurs » ( 1 ) , appartient depuis une dizaine d’années à un artiste, Alexandre Yterce, peintre, musicien, écrivain ( 2 ). Cet homme de culture et de goût a décidé de faire vivre cet antre de mémoire en y organisant avec Florence Gonot, des expositions. La dernière, qui vient de s’y ouvrir le 25 août ( jusqu’au 23 septembre) présente le travail de quatre artistes.

 

Nadine Trescartes y déploie la danse magique de personnages dont le tracé en simple fil de fer ( d’une épaisseur étudiée ) se découpe en lignes élégantes, matissiennes,  sur le ciel ou les pierres du Quercy.

 

 

Marcel Benaïs, peintre, raconte avec humour et sensibilité  sur la toile des moments de vie ou des moments de légende. Ses couleurs, ses images, ses récits ont une belle force.

 


 

Pierre Petric est photographe. Il traque dans ce qu’il voit les instants poétiques. Où qu’il soit, il sait dénicher  dans un paysage campagnard, naturel, urbain des espaces de beauté ou de mystère qu’il délimite et s’approprie en les fixant par l’objectif. Un reflet  dans une vitre, un  remblai, une colline peuplée d’arbres aux tons d’automne… deviennent des images abstraites mais charnues et chargées d’émotion.

 


 

Pierre d’Huparlac est un peintre abstrait dont la carrière s’inscrit dans de nombreuses galeries internationales. Ici, il a travaillé avec Pierre Petric, sur les photographies que ce dernier a faites de « La première route mondiale sans frontière » ouverte en 1950 dans le cadre du mouvement des « Citoyens du Monde », par Garry Davis et André Breton, à Cahors Mundi. Pierre d’Huparlac a enrichi, enluminé,  ces belles images de ses aplats de couleurs vives, de ses mots, écrits comme sur un palimpseste,  pour leur conférer une quatrième dimension et en offrir une lecture renouvelée.

 

 

Jacques Bouzerand

 

 

 

 

 

 

NOTES

 

 ( 1 )  André Breton et Saint-Cirq Lapopie :


« C'est au terme de la promenade en voiture qui consacrait, en juin 1950,  l'ouverture de la première route mondiale  - seule route de l'espoir  - que Saint-Cirq embrasée aux feux de Bengale m’est apparue - comme une rose impossible dans la nuit.
Cela dût tenir du coup de foudre si je songe que le matin suivant je revenais, dans la tentation de me poser au coeur de cette fleur : merveille, elle avait cessée de flamber, mais restait intacte.
Par-delà bien d'autres sites - d'Amérique, d'Europe - Saint-Cirq a disposé sur moi du seul enchantement : celui qui fixe à tout jamais. J'ai cessé de me désirer ailleurs.
Je crois que le secret de sa poésie s'apparente à celui de certaines Illuminations de Rimbaud, qu'il est le produit du plus rare équilibre dans la plus  parfaite dénivellation des plans.


L'énumération de ses autres ressources est très loin d'épuiser ce secret….

Chaque jour, au réveil, il me semble ouvrir la fenêtre sur les Très Riches Heures, non seulement de l'Art, mais de la Nature et de la Vie ». 

André BRETON - Saint-Cirq-Lapopie, le 3 septembre 1951.

     

 

 

( 2 )  Sur Alexandre Yterce :

//lamauvaisereputation.free.fr/article.php3?id_article=31

 

 



26/08/2012
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