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Françoise Gaujour : Le silence des grands espaces





C'est toujours une surprise agréable de découvrir une nouvelle facette chez une personne que l'on connait sous d'autres angles et que l'on apprécie déjà pour beaucoup d'autres qualités. Françoise Gaujour, je l'ai connue lorsqu'elle débutait dans le journalisme.  Elle a mené depuis une carrière enviable dans la presse écrite, à la radio, à la télévision… De l'environnement à la culture  elle a montré l'étendue de son intérêt pour l'information, l'économie, les arts… et sa capacité à animer des émissions avec un ton enjoué. Et voilà que je découvre une autre Françoise Gaujour, artiste.


En voyageant à travers le monde, et notamment en Afrique où elle a vécu enfant,   Françoise Gaujour  s'est mise à fixer les images de ce qu'elle perçoit des réalités qui l'entourent. Au Mali, en 2004, ce sont des paysages et des visages. En Islande, plus tard, elle va plus loin que la capture, vers la stylisation. Et peu à peu,  elle se forge un style qui  lui est tout particulier. Par le cadrage, par la lumière, par la saisie des mouvements ou de l'absence de mouvement, par la découpe que créent dans la réalité d'un paysage les lignes de la nature ou celles d'un déplacement, elle offre des visions tout à fait originales.

 

Les deux séries  « Silhouettes » qui sont présentées à la Galerie Galry, 41 rue de Verneuil, à Paris,  sont un choc délicieux pour l'œil. Ses « Surfeurs du béton » et ses « Dunes » ont été captés au Brésil et à Los Angelès. La première série figure  l'absolu du mouvement, avec  les traces rétiniennes de skateboarders inouïs, sortis d'un maëlstrom dont on entend la fureur sonore… ( « Je suis cachée en vous », « Je suis un souffle de vie », « Je suis le strict minimum », « Je suis un fantôme »… Tirages numérotés sur 5,  sur Metallic Paper, appliqué sur Dibond). ) La seconde série, « Dunes »,  décrit dans des plages de couleurs, de coloris plutôt, l'absolu du  silence, de la pérennité, de l'immobilité. ( « L'envol », « La rêverie », « L'Éternité », « La Sagesse »… en tirages uniques, sur papier Fine Art texturé, appliqué sur Dibond). Ces images d'une sérénité immense, rien ne bouge, sont aussi d'une parfaite simplicité dans le graphisme minimaliste  et la couleur. François Gaujour aime à citer la phrase d'Eugène Delacroix : « La couleur est par excellence la partie de l'art qui détient le don magique. (…) La couleur a tous les pouvoirs sur la sensibilité ». Le message est bien passé.

 

Jacques Bouzerand

 



08/11/2013
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