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Jacques Charrier s'expose.


 
Tout le monde reconnaît l’acteur de cinéma Jacques Charrier, Le beau et sympathique « Bob » des « Tricheurs » de Marcel Carné, est devenu en un seul film une vedette nationale, une idole que son mariage avec Brigitte Bardot consacre l’année suivante. Le voilà star avec une carrière conséquente. On sait moins, en général,  que Jacques Charrier a d’abord été un excellent  acteur de théâtre, l’un des deux rôles principaux avec Pascale Audret du « Journal d’Anne Frank », en 1958, au Théâtre Montparnasse. Plus rares encore sont ceux qui le connaissent en tant que peintre.
 
Pourtant, c’est dans cette voie que le jeune Jacques s’engage en entrant à 17 ans à l’École des Beaux Arts de Strasbourg. Et jamais, au fond, il n’abandonne son amour de la peinture et du dessin. Sa passion le retrouve lorsqu’il délaisse les plateaux, dans les années 80, au point de lui faire reprendre le chemin des Beaux Arts.  Une nouvelle et fertile carrière s’ouvre alors devant lui : celle d’artiste peintre.
 
Jacques Charrier choisit ses thèmes et les approfondit pour produire - comme l’a fait Andy Warhol, mais aussi Monet, Picasso…- des séries chatoyantes où les formes et les couleurs donnent du sens à ses images.
 
L’un de ses premiers sujets de réflexion et de création est le « Code Hammurabi », cette stèle assyrienne des droits et des devoirs, gravée voilà plus de 4000 ans dont il s’inspire pour peindre 282 tableaux… Avec des feuilles d’or, des encres, des pigments, il interprète les signes cunéiformes et leur imagine un environnement propre à les intégrer dans notre espace mental. Le message universaliste est clair. L’homme demeure inchangé à travers les siècles. Il est le même à travers les cultures et les civilisations. Ces tableaux sont exposés au siège de l’Unesco, à Paris, en 1996.

 


 
C’est ensuite le « Kâmâ-Sûtra » qui devient sa source. Ce texte est un traité - religieux - des règles de l'Amour écrit en sanscrit par Vatsyayana aux environs du Vème siècle de notre ère. C’est un manuel  pratique des techniques érotiques  ouvrant aux sensations les plus vives et à  l'extase physique. « Tout en s'inscrivant dans le flux de la vie et en débouchant sur la connaissance suprême » précise Jacques Charrier.  L’artiste s’explique : « En ce début de troisième millénaire, le monde est devenu un monstrueux hypermarché dont nous sommes à la fois les marchandises et les clients. Aujourd'hui, le sexe n'est trop souvent qu'un échange entre deux égoïsmes. Dans cette relation parfois brutale, dépourvue des délicieux préliminaires qui conduisent au plaisir, j'ai voulu faire entendre une voix, ma voix, celle d'un artiste amoureux de l'Inde éternelle. En illustrant librement le Kâmâ-Sûtra, j'évoque ce Paradis perdu  où le sexe était attentif, délicat, généreux, sérieux comme la passion et aérien comme le plaisir. »

 


Jacques Charrier s’inspire ensuite de thématiques que lui offrent les civilisations de tous les continents et les beautés brutes de la Nature : masques africains, statues chinoises, insectes, fleurs, tuniques, chevaux… et même l’éléphant. "Cet animal, dit-il, est une créature étrange et intelligente, dont l'esprit de cohésion est très proche du nôtre. C'est peut-être pour cela que ce géant a toujours fasciné l'homme, suscitant sa sympathie autant que son respect." Son exposition "Mémoire d'Eléphant" est présentée à l'Espace Cardin en 2008.
 
Les œuvres de Jacques Charrier rejoignent au fil de quelque vingt expositions publiques de nombreuses collections. Celles de la Fondation Birch à New York, de la Fondation Prabakhar, du Metropolitan Museum à  New York, du Baron Edmond de Rothschild, de Chantal Bolloré, de Marie-Josée Nat, de Mme de Gaspéris, de Françoise Gallimard, de Jean-Claude Brialy, de Léo Ferré, des Flammarion, , de Philippe Benoit, de Mme Chalais, de Lucie Faure... pour ne citer que quelques unes des destinations des tableaux.
 

 


 
Pour sa plus récente exposition, aux Archives Yves Klein, avenue du Maine à Paris 14 ème, Jacques Charrier a résolument opté pour l’abstraction. Ses toiles et ses dessins sont chacun des sonates ou des symphonies picturales qui invitent à une méditation très contemporaine. Ces œuvres peintes alternent dans l’exposition avec les photographies de l’épouse japonaise de Jacques Charrier, Makiko. Une artiste dont l’œuvre tout en subtilité et en délicatesse donne elle aussi à rêver. 

 

Jacques Bouzerand




28/05/2012
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