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Les 700 Nounours de Bérénice


 

C'est une des ventes aux enchères les plus originales de l'année. 700 ours et "Teddy-Bears"  de collection seront dispersés le 28 novembre à 13 heures à l'Hôtel Ambassador ( 16 boulevard Haussmann à Paris ) par la maison de ventes Lombrail-Teucquam, assistée par l'expert ès-jouets et ès-ours en peluche, François Theimer. La collection avait été rassemblée par une mère de famille, Bérengère Colomes-Nau ( qui se faisait appeler Bérénice parce que… Bear & Nice), et qui est partie rejoindre pour toujours quelque  Manège enchanté.



 

La passion des ours en peluche est fortement ancrée aux États-Unis où, de longue date, les maisons de vente en présentent au public. En France, c'est en 1983 qu'un ours en peluche a été présenté pour la première fois dans une vente aux enchères...

 

 


Dans le magazine « Polichinelle », de 1982 à 1986, Laure Faidherbe, une spécialiste, a raconté la saga du « Teddy Bear ». Voilà le récit initial: « Un jour de novembre 1902, le Président des Etats-Unis,  Théodore Roosevelt, surnommé dans son entourage « Teddy », part à la chasse aux ours, raconte Laure Faidherbe.  Un seule… victime se présente au bout de son fusil, un petit ours sans défense. Aussitôt le Président décide de l'épargner»... ( La vérité plus prosaïque est que, ne rencontrant aucun ours valide, les organisateurs de la chasse ne rabattirent qu'un vieil ours décati que le Président refusa de tuer ). Journalistes, caricaturistes, publicitaires, chansonniers  s'emparent de l'événement. 


À la même époque, outre-Atlantique, c'est-à-dire en Europe, plus précisément à Giengen en Allemagne, une jeune femme atteinte de poliomyélite, Margarethe Steiff, confectionne depuis 1890 des éléphants en feutre pour les commercialiser. Son neveu, Richard Steiff, qui adore les ours et est allé en voir au zoo de Stuttgart, l'incite à imaginer un petit ours en peluche, le premier du genre.  L'ours "PB 55" est montré  à la foire de printemps de Leipzig en 1903. Sans succès. Sauf que le dernier jour de la foire, un Américain séduit par la peluche  en commande 3000 aux Steiff. La suite coule de source: un décorateur de New York, Hermann Berg, voit les ours en peluches et en achète tout un lot pour décorer la table de mariage de la fille du Président Roosevelt. Un invité s'enflamme et déclare : « Voilà le nouveau Teddy ». Le succès est assuré et immédiat.  Steiff  exporte aux Etats-Unis des milliers et des milliers de « Teddy Bear ». Un petit bouton est agrafé à son oreille gauche portant la marque Steiff , une marque apparaissant  en relief sur ce bouton à compter de 1907, année au cours de laquelle la production d'ours en peluche dépasse le million d'exemplaires. 



 

En Amérique, Morris Mitchom et sa femme Rose inventent et produisent dès 1903 leur propre « Teddy ». Ils sont bientôt suivis par d'autres fabricants américains (Ideal Toy Company ...), allemands (Hermann, Schreyer &Co…) britanniques (ours dessinés par Sybil Kemp, pour J.K. Farnell qui les commercialise chez Harrod's, Chad Valley, Dean's, Merrythought…), français (Pintel à partir de 1921, Fadap, Alfa, Ajéna, Boulgom…).   Au fil des décennies apparaitront ainsi  "Winnie" ( selon les aventures racontées par A.A.Milne ), "Smokey" (1956),  "Paddington" (créé par Michael Bond 1956), "Collargol", "Michka" ( en 1980, mascotte des J .O. de Moscou ), "Philbée", "le Père Noël" ( 1908 ), "Rupert" (1920 ), "Memrod"…  Et  aussi, plus tard, après la guerre, les célèbres ours souples de la marque parisienne « Anima » créés, à partir des années 1945,  comme les panthères, les tigres, les lions, etc… par Suzette Vangelder qui révolutionna l'univers de la peluche en créant des patrons permettant de découper les tissus de peluche dans des formes ne nécessitant, une fois cousues,  aucune armature intérieure et donc d'une esthétique et d'un confort inégalés.

 

 

Toute l'histoire de l'ours en peluche est mise en scène dans le premier musée  dédié à ce produit de l'imagination des grands  pour faire plaisir aux petits.  Le "Teddy Bear Museum1"  a en effet vu le jour en 1984 à Petersfield dans le comté du Hampshire en Angleterre.

 

Rien d'étonnant donc que les amateurs s'arrachent les peluches qui apparaissent chez les antiquaires ou dans des ventes comme celle-ci organisée par Lombrail-Teucquam.  Il y en a de tous les acabits. Antiquités, comme ce  "Grand Teddy Bear" d'origine allemande, 70 cm, estimé de 1000 à 1500 € ; habillés, comme «Benoite et Maieul» deux ours vétus, français, avec yeux bleus. H 47 et 30 cm. Estimation : 50 - 90 € ; « Magellan » Teddy anglais de la Ste Chad Valley avec pastille métallique dans l'oreille droite. H 43 cm. Estimation : 75 - 120 €… Mais aussi des ours réédité d'après des modèles anciens… Jusqu'à la vente, les collectionneurs avides d'achats ne vont pas dormir tranquilles. Non, je ne leur dis pas "Bonne nuit les petits !!!"      JB




ILLUSTRATIONS :


1)  Grand Teddy Bear d'origine allemande, petites réparations. H 70 cm. Estimation : 1 000 - 1 500 €

2) «Benoite et Maieul» deux ours habillés français avec yeux bleus. H 47 et 30 cm. Estimation : 50 - 90 €

3) « Magellan » Teddy anglais de la Ste Chad Valley avec pastille métallique dans l'oreille droite. H 43 cm. Estimation : 75 - 120 €

 

 



22/10/2010
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