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Moretti & Moretti " Lay down the reality " ( 2008 )

 

La planète s'affole. Tribalismes, égoïsmes, intégrismes, conflits, affrontements, peurs…Qui mieux que l'artiste ressent dans sa chair et  exprime avec ses mots,  ses couleurs, ses formes ou ses gestes le vertige dont nous sommes tous saisis ? L'artiste est la plaque sensible de toutes les émotions. Et d'abord celles de son temps. 

 

Quinze jeunes artistes qui vibrent ensemble pour restituer, sur tous les medium(s) actuels, leur vision du monde. Cette génération maîtrise avec sa main et avec sa tête tous les outils de la tradition et de la contemporanéité. Elle a vu toutes les images que les millénaires ont diffusées à travers les cinq continents. Elle les a engrangées dans la mémoire de leur ordinateur collectif. Elle a retenu. Elle invente. Elle crée. Et, surtout, elle nous fait découvrir les territoires qu'elle s'est appropriés. 

 

Street art, peinture, vidéo, musique, photographie, installation… cette nouvelle génération a appris 

aussi bien dans la rue qu'aux Beaux-Arts ; elle a conquis par la puissance des gestes les espaces du graffiti ; elle a vécu à plein la déferlante informatique ; elle a dompté les platines, les stridences et les profondeurs des sons électroniques ; elle a domestiqué les explosions de la lumière à travers les pixels numériques. 


Question de caractère, de formation, chacun  réagit à sa manière. L'un/e en rendant ses comptes à la réalité  dans l'outrance calculée;  un/e autre par des  images allusives, imprévisibles mais pertinentes un/e autre encore en tournant le dos au tragique pour tracer un chemin  à ses 

références… Bref, le kaléidoscope des personnalités et des  points de vue affiche au total une perception aiguë, acérée et naturellement protéiforme des réalités contemporaines. 

  

Parce qu'ils ont en partage une sensibilité à fleur de mur et de cœur, ces jeunes artistes se sont 

choisis. Leur réseau informel tisse sa toile dans  toutes les familles de l'Art Contemporain. Il a ses 

racines dans notre « bon vieux » terroir culturel mais aussi dans celui de toutes les immigrations : ses cils vibratiles, ses antennes sont en alerte permanente.  

 

Les  voici donc, dans le désordre, naturellement : Anne-Laure Maison  et ses photos qu'elle appelle « tableaux d'intimité » ; Babou venu de l'univers du tag qui  surprend dans ses photos ses propres 

errances nocturnes ; Laurent Bolognini qui joue de la mémoire et de la persistance rétiniennes et 

programme d'inouïs jeux de lumières ; Teurk un peintre et sculpteur dont les moellons en métal 

évoquent toutes les destructions, les chaos et peut-être les constructions à venir ; Joseph Camara qui plonge dans les rites Vaudou ses pinceaux envoûtants ;  Sun7 en parfait équilibre entre le gigantismes des graffitis et les calligraphies minutieuses de ses portraits-mémoire ; David Mesguich dont les immenses figurations, à l'encre, de nomansland, et les personnages modélisés ont pris source à New-York ; Jencri, vidéaste et sculpteur qui a imaginé un très significatif et très présent point d'ironie en néon ; Pascal Haudressy, qui pratique la « virtual sculpture»  pour faire glisser sous 

nos yeux, dans toutes les dimensions d'un cubisme post contemporain, une baleine splendifiée par la haute définition ; Tanc, peintre d'abstractions, dessinateur, fasciné, ici, par la mort graphique et sous nos yeux du tube électronique d'une télévision implosée ; Eva Peel, jouant de la confrontation d'images filmées et de musique sur la face externe et interne d'un igloo de lycra; L1es, expert  des vertigineuses surfaces pour ses fresques ; Guillaume ae, se déplaçant dans un univers d'expériences imaginaires où la photo, la vidéo, et les sons constituent les éléments cohérents de ses installations ; 

L'Atlas,  dont les graffitis contrôlés se déclinent en idéogrammes d'un langage universel qui marie 

l'Orient et l'Occident. Enfin  Yaze, explose son trait et ses couleurs poignants et déchirant sur des toiles qui les contraignent à peine.  

 

Comptez. Ils sont Quinze. Le résultat est une formidable œuvre en mouvement, un prodigieux  

« Work in process » ( provisoire et fixé à jamais par l'art) :  Ils nous révèlent en un instantané 

fulgurant l'image de notre monde. 




06/01/2010
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