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Panique au Musée de Cahors

J'apprends par "La Dépêche du Midi", que Laurent Guillaut, le conservateur du Musée Henri Martin de Cahors, vient d'être relevé de ses fonctions - de manière conservatoire - par la Mairie, dans l'attente de sa comparution devant un conseil de discipline. Sa faute ? Il s'est "empaillé" avec le conseiller municipal à la culture, Bernard Delpech, sur fond  de subventions trop chiches, de projets rognés ou malmenés...  Des mots, certes, ont fusé. Les mots partent vite dans le Midi. Est-ce vraiment si dramatique ?

 

 

Laurent Guillaut est un vrai conservateur de musée. Ardent, cultivé, passionné, actif... Dans une ville où la Culture avait pendant des lustres été le parent pauvre et la 27 ème roue du char de l'État municipal, il a su donner une très forte impulsion aux arts dans la ville. C'était nouveau et c'était heureux. La municipalité de Michel Roumégoux l'avait soutenu. Pas pour des raisons politiques, mais parce que Michel Roumégoux est lui même un homme qui se passionne pour l'art en général et pour l'art contemporain en particulier. Je n'ai pas eu vent de tensions ou de flirts entre l'équipe de Marc Lecuru et lui. Je ne connais rien des opinions politiques de Laurent Guillaut; d'ailleurs je ne l'ai jamais entendu prendre des positions politiques ou critiquer les engagements politiques de la municipalité plus à gauche élue en 2008 avec à sa tête Jean-Marc Vayssouze-Faure. Rien de "politique" donc.

 

 

Mais il est vrai surtout qu'avec un budget de 120 000 € il faut un courage de fer et une volonté de granit pour mener à bien des expositions comme celles que Laurent Guillaut a montées année après année au Musée Henri Martin depuis son accession à ce poste.   Son seul prédécesseur dont on se souvienne remonte aux temps très anciens: c'était le très charmant et très âgé M. Calmon  qui avait dû fermer les portes de l'ancien palais épiscopal... Depuis des décennies, le musée de Cahors était devenu un champ de ruines, un capharnaüm que, patiemment, Laurent Guillaut a remis en état. Il a rendu leur  valeur aux pièces maîtresses de la collection, il a déniché dans un galetas empoussiéré, un des cinq ou six rares "Rongo"  ( des îles Gambier ) que l'on connaisse dans le monde entier et qui rivalise avec ceux des plus grands musées de la planète ( Vatican, Louvre, Quai Branly... ). Il a attiré au musée Henri Martin de Cahors les visiteurs - des plus jeunes au plus anciens - qui s'intéressent ou qui s'initiaient à l'art d'aujourd'hui ( avec les expositions "Nationale 20", "Redoulès", "Olivier Debré", "Hartung", Peyrissac", "Henri Martin", "Romantiques et voyageurs"... pour ne citer que quelques unes de ses créations muséales )...

 

Dans une ville comme Cahors où la Culture est un des rares "produits d'appel", une richesse fondamentalement utile pour la renommée, le tourisme, la Cité et les citoyens, il ne faudrait pas que quelques mots de trop, jetés au vent et emportés par les airs,  cassent une belle aventure aussi productive. Que la trêve des confiseurs apaise les tensions et que Laurent Guillaut puisse se remettre à sa tache! Quel autre voeu formuler pour que 2011 soit une bonne année de culture pour Cahors?



27/12/2010
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