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Philippe Szechter Regard Critique 1994






C'est une étrange idée que de peindre sur une moquette. De dessiner sur des panneaux de 1,40 m sur 2 m, d'une moquette très banale faite pour être foulée et non pour être accrochée au mur. Philippe Szechter, 38 ans avec humour et prenant ses distance, fait de ce matériau le support de son travail sur la représentation. Il n'entre pas dans le jeu de la représentation de la réalité dont il découperait les contours, mais il s'approprie dans les modes d'emploi de la quotidienneté les panneaux indicateurs qui, déjà balisent la communication.

Sa thématique est celle du corps qui absorbe nourriture et médicaments. Du sexe aussi, masculin ou féminin, qui en est le prolongement et l'élément symbolique. On est au coeur du sujet : l'humain.

Mais le travail de Philippe Szechter serait relativement limpide et assez plat si celui-ci se contentait de tracer proprement, soigneusement, fidèlement, à la peinture industrielle, la plus neutre possible, les motifs de son intervention. Il devient beaucoup passionnant par le traitement qu'il lui fait subir. Brûlures de la pyrogravure, brûlages des surfaces, taches, engluement d'épaisseurs siliconées, allusions, illusions ... Ses oeuvres, par tout ce qu'elles recèlent ou révèlent, détruisent et construisent, ont une vraie force. C'est le propre de l'art.



06/01/2010
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